PORTRAIT URBAIN OLANGUENA AWONO


    Fort de son expertise et de son efficacité mondialement reconnues, Urbain Olanguena Awono revient au Gouvernement en Avril 2001 comme Ministre de la santé Publique. Sa mission dans ce terrain,  a priori inconnu pour lui, est de redresser un secteur sévèrement en crise, condition pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il réussira à mettre le cap des réformes, avec la stratégie sectorielle de développement sanitaire 2001/2010, qu’il fait adopter par consensus de tous les acteurs. Ses résultats sont sans précédent, reconnaissent les professionnels de ce secteur : la  lutte contre les grandes endémies, paludisme, VIH/SIDA, tuberculose etc. a été révolutionnée ; l’accès des pauvres aux médicaments développé ; les infrastructures et l’équipement sanitaire du pays ont été relancés y compris les grands projets comme l’hôpital de référence de Sangmélima  et l’hôpital gynéco-pédiatrique de Douala avec la chine ; les ressources humaines, la recherche ont été développées etc..  Rien ou presque n’a été négligé et toutes les coopérations ont été mobilisées.


     Le leadership managérial des réformes, l’afflux de financements extérieurs sont autant de faits marquants. L’un des grands moments que l’histoire retiendra est la décision d’accorder gratuitement des traitements antirétroviraux aux malades du Sida, et aussi l’introduction au Cameroun des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisine ( ACT) pour le traitement du paludisme.


    Son rayonnement international a donné une grande visibilité à la politique de santé du Gouvernement camerounais, comme en témoignent les nombreuses réunions internationales tenues à Yaoundé, à l’instar du 5ème Forum Mondial des partenaires de lutte contre le paludisme en 2005 et même la récente réunion du comité régional de l’OMS pour l’Afrique en septembre 2008. Bien d’autres qu’il serait fastidieux de citer ont eu lieu.


    Sa participation aux cercles de la gouvernance mondiale de la santé témoignent aussi de la bonne image et de la considération internationale de l’Ex-Ministre de la santé du Cameroun. Il a été notamment membre du conseil d’administration du Fonds Mondial pour la période 2004-2007, représentant la région Afrique centrale et occidentale ; et a occupé le premier, le stratégique poste de Président du Comité du portefeuille du Fonds Mondial de 2005 à 2007. En outre, sa respectabilité lui a valu d’être élu président du Comité Régional  de l’OMS/AFRO en 2002 à Harare et Vice-président de l’Assemblée Mondiale de la santé en 2003. Il a par ailleurs été élu membre du conseil d’administration de Roll Back Malaria, et coopté comme membre de la prestigieuse commission de travail ( Global Task Team) chargée sous la présidence de l’UNAIDS en 2005 de proposer les principes et mesures de coordination des partenaires de la lutte contre le VIH/SIDA au niveau national et mondial.


    Comme Ecrivain, Urbain Olanguena est auteur de deux ouvrages à succès : « L’activité créatrice  de revenus » paru aux éditions  Edi’Action en 1995 et « Sida en terre d’Afrique, l’Audace des ruptures » paru aux Editions Privat (Toulouse, France) en 2007.


    Enfin, Urbain Olanguena est sur le plan honorifique commandeur de l’ordre de la valeur et commandeur de l’ordre de Malte.


    Victime de son succès politique, il est depuis deux ans dans la ligne de mire de ses adversaires politiques qui, usant et abusant de leur position au pouvoir, ont instrumentalisé contre lui, l’appareil administratif et judiciaire du Cameroun. Il a quitté le gouvernement en septembre 2007 et  le 31 Mars 2008, il a été interpellé à son domicile à Yaoundé et placé quelques jours plus tard en détention préventive, à la prison centrale de Yaoundé sur la base d’un rapport bâclé  et manipulé du contrôle supérieur de l’Etat qui l’accuse détournement de fonds destinés à la lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose du temps où il était Ministre de la Santé Publique.


    Depuis lors, les rapports de contre expertise commandés par le juge d’instruction chargé de l’information judiciaire dans cette affaire et celles menées par les organismes de financement internationaux qui ont accordés ces fonds et suivi de bout en bout leur utilisation, ont transformé cette arrestation arbitraire en un véritable cauchemar pour le pouvoir de Yaoundé. Selon ces rapports, aucun détournement allégué  n’a été confirmé sur le terrain. L’opinion publique informée de la supercherie commence à réclamer les comptes de cette désinformation et cette manipulation éhontée du régime. La magistrature dans son ensemble  se montre embarrassée, les politiques s’en émeuvent sous anonymat. Le cas Olanguena et autres semble suspendu à la seule décision du Chef de l’Etat Camerounais.